Avec le temps, cette forme d’art est devenue pour moi trop limitée. En 1999, sous la supervision de Paul-Yvan Gagnon, IAF, j’ai repris l’aquarelle comme technique d’expression principale.
Étant une personne portée vers l’introspection, je suis attirée surtout vers la représentation de sujets détaillés en vue rapprochée. J’aime attirer l’œil du spectateur vers des détails qui passent souvent inaperçus, et l’amener à découvrir la beauté qui se trouve dans les textures et les formes des objets quotidiens qui nous entourent. Bien qu’en levant les yeux on puisse apercevoir des paysages spectaculaires, il y a de grandes découvertes à faire en regardant, de près, une plume d’oiseau, l’écorce d’un arbre, ou la texture et les motifs de la vieille peinture qui s’écaille pour laisser apparaître du bois ancien.
L’aquarelle est un médium qui ne pardonne pas; avant de poser le pinceau sur le papier, j’étudie longtemps mon sujet afin de le connaître dans le moindre détail, et de visualiser à l’avance l’œuvre terminée avant de débuter le travail. Des esquisses préliminaires et essais de couleurs me permettent de planifier à l’avance toutes les questions de composition, de contrastes, de lumière et d’ombre. Par la suite, je peux me concentrer sur le travail de l’aquarelle comme tel, et m’émerveiller de voir les couleurs et les formes se révéler sur le papier.
Travaillant surtout sur du papier d’Arches, fait de fibres de pur coton, j’apprécie l’irrégularité de la surface pressée à froid, qui me permet de rendre des détails précis tout en suggérant une texture subtile sous les lavis.
J’utilise des pigments en tube, surtout de marques Holbein, Winsor et Newton, et Daler-Rowney. Je recherche des couleurs composées de pigments uniques, ayant une grande permanence. Je préfère obtenir une couleur par superposition de couches, plutôt qu’en la mélangeant dans la palette, afin de conserver l’effet de la transparence propre à l’aquarelle. Souvent, des sous-couches de couleurs complémentaires sont appliquées pour rendre des ombres plutôt que de poser une couleur plus foncée en surface, ainsi, les couleurs semblent venir de l’intérieur de l’objet.